Compte-rendu du concert du 1er mai 2002.

Je ne suis pas si tôt que ça, mais quand même le premier à rentrer dans le Spirit. Un peu trop tôt dirait-on même, si j’en juge par l’accueil de la patronne … ;-) … qui me traite de privilégié. Je distingue dans la pénombre le camarade Yogi, chanteur-leader de RPWL (dont il est le L) en train de ficeler une petite caméra vidéo qui servira sans aucun doute à fixer digitalement les images du concert. Me reconnaissant, il s’empresse de m’embrasser (Aaaaaaah, le Judas), imité immédiatement par son collège Karl-Heinz (que tout le monde appelle Kalle). Je dis Judas parce que ces zèbres ont oublié de me créditer pour les quelques miennes photos qu’ils m’ont fait l’honneur d’installer dans le booklet de leur nouvel album. Ils s’en sont rendu compte trop tard (disent-ils … ;-)) …) et se confondent en excuses. J’ai répondu au moins 10 fois que c’était vraiment pas grave, que c’était tout, et que ça m’avait bien fait plaisir d’y voir mes photos. Voilà, on n’en parle plus ! ! Y sont quand même gentils, ces Judas-là !

Les avant-concerts du Spirit sont toujours l’occasion de retrouver les amis et d’échanger les dernières folies ; comme par exemple cette histoire du type qui est rentré AVEC sa voiture dans la vitrine de la pharmacie Taton ! ! (vous savez, LE Denis Taton, de Prog-résiste …). J’en ris encore … mais cette fois-ci aura une connotation un peu spéciale, et le souvenir que j’en garderai sera teinté de tristesse et de regret. Tristesse d’avoir constaté à quel point Francis venait de perdre un véritable ami dans la personne de Pierre Rapsat, et regret de ne pas avoir pu connaître ce grand Homme, ce dont la description émouvante que m’en a faite Francis ne peut laisser aucun doute. Il nous reste sa musique ; mais ceux qui l’ont connu semblent en avoir conservé bien davantage …

   

La première partie de la soirée sera assurée par les américains de Timothy Pure ; et je suis content, passque j’aime bien, moi, Timothy Pure ! ils font des disques d’une grande beauté mélancolique, d’une finesse toute sertie d’émotion. Aussi ne vais-je pas trop m’étendre sur leur prestation, car je dois bien avouer avoir été relativement déçu par rapport à l’idée que je m’en faisais. Et tout n’est sans doute pas de leur faute. C’est que leur musique ne " déménage " guère, que la position d’un chanteur-claviériste rend la communication avec le public bien compliquée, mais tout cela manquait fondamentalement de l’énergie scénique propre au rock, même lorsqu’il est cool.

Pas tout de leur faute, disais-je ….. on entendait pas le guitariste, dont le rôle est pourtant fondamental dans la génération des ambiances, on entendait guère la choriste (au demeurant très charmante, hein Kalle ?  hola, je tombe dans le people, moi .. ça va devenir Prog-Match ou Ici-Prog, bientôt …), et le son global était … pas terrible, pour être gentil. Tard dans la soirée, j’ai posé cette seule question à Francis : " c’est un type d’RPWL qui faisait la sono du premier groupe ? ". Son hochement affirmatif ne m’a pas étonné. Jamais je ne parlerai de sabotage, mais on est très capable derrière une console d’empêcher qu’une première partie ne vole trop la vedette à la vedette …. Enfin, c’est juste mon avis …

D’ailleurs, après 10 secondes de RPWL, le temps pour Kalle de taper son premier riff de guitare, on a compris ! ! Plus rien à voir ! du son, du gros son, du gros son de rock’n’roll, ça Monsieur ! Ca jette un max ! Ce KarlHeinz Wallner est vraiment un guitariste de grande classe ; sans avoir l’air d’y toucher, il joue avec une perfection, une précision diabolique. Jamais la moindre hésitation, jamais un quart de note à côté, la précision allemande, quoi. Et puis du matos à faire baver d’envie, et un son, un gros son, etc … (j’l’ai d’jà dit).

Quatre morceaux du nouvel album pour commencer, et les 4 premiers en plus. Font pas dans l’inattendu. Du Floyd à la sauce RPWL (c’est à dire pas très démarquée du modèle), mais avec un soupçon poppy-spacy de plus qu’auparavant, qui nous avait fait citer le nom de Porcupine Tree la dernière fois. Le jeu de guitare davantage frappé en accords comme sur une guitare sèche ajoute à cet effet. Assez différent est ce quatrième morceau " sugar for the ape ", tellement " violent " (enfin bon, pour du RPWL, bien sûr), que Yogi et ses amis s’excusent presque d’être parfois aussi " fâchés " … angry, comme ils disent.

 

" Spring of freedom " et " in yours dreams ", extraits très connus du premier album, permettent enfin à la salle de participer à la fête, ce dont quelques copains hooligans ne se privent pas ! Pour le plus grand plaisir des musicos, d’ailleurs, enchantés de susciter cette réaction pourtant si habituelle au Spirit. Kalle se surpasse dans son solo, et Yogi, avec son air triste tellement craquant, nous avoue avec une sincérité désarmante que c’est tellement bon pour eux de se sentir de retour " à la maison " ! ! ! Je crois qu’ils ont effectivement pour l’endroit et son patron (et son public, gnék gnék gnék) une réelle dévotion. Cela ne me semble vraiment pas feint, non.

   

On se calme tout doucement avec 2 nouveaux morceaux, avant de se lancer dans un " Welcome to the machine " véritablement parfait ; je ne vois pas comment un cover-band du Floyd pourrait faire mieux. D’ailleurs, ne l’ont-ils pas été dans un autre temps ? ? (qui a dit : ne le sont-ils pas encore ? hhmmmmmmm ? ?)

Le public participe encore aux 2 " vieux " " who do you think … " et " fool ", puis se laisser un peu retomber vers la fin du gig, clôturé une première fois par l’évident " home again ", dont on dirait qu’il est écrit pour cela ! Mais ils ont compris ce qui fait plaisir, et sans attendre bien longtemps, reviennent enchaîner " fly " et " it’s all right " que tous les présents connaissent.

 

 Andreas aux claviers, désormais intrônisé membre permanent du groupe alors qu’il n’était jusqu’ici que musicien d’appoint scénique, s’amuse beaucoup sur la gauche de la scène, mais peut-être fianlement moins qu’avant, quand il se promenait avec son leslie à trompette qu’il a dû laisser à la maison par manque de place. Enfin bon, son XB2 assure, y a rien à dire. Le fou de service reste le Risotto de la batterie, c’est pas la première fois que je le compare au Jean-Marie Animal du Muppet show, celui-là ! Quant au bassiste en jupe, on n’en dira pas grand chose, sinon qu’il joue clair et juste, et que son périmètre de circulation sur scène doit avoisinner le ¼ de mètre carré … Et Yogi, me direz-vous, lui qui se promenait avant avec son Moog portable ? ? laissé à la maison aussi, et remplacé par un autre, sur table, mais qui n’a rien à lui envier et dont il tire toujours les sons si chauds et spécifiques de cet instrument. Ah oui, sa voix tient beaucoup mieux la longueur d’un concert qu’avant, ça c’est sûr, et le deuxième rappel va le prouver !

Ils appellent tout Timothy Pure sur scène, déjà passablement imbibés de bonne belge bière, pour faire les chœurs de ce dernier rappel. Pour s’aider dans les paroles, Yogi déballe au pied de son micro un véritable copion long comme un tapis persan, et sur lequel il me semble reconnaître quelques mots connus …….. est-ce possible ? ?

Voui voui voui ! ! ! grosses nappes de mellotron, grosse basse bien grasse, une batterie qui tape à l’envers et …. " The rusted chains of prison moons Are shattered by the sun … " … c’est bien The court of the Crimson King, merveille du premier vrai disque prog de toute l’ Histoire ! ! !

Et tout Timothy Pure fait les chœurs, et Yogi se déchaîne en bruitages sur son moog, et toute la salle chante les aaaaaaaaaaaaaahhhaahhhaaaaaaaaaaaa si célèbres ! Après ça, le dernier " Sunday morning " fait office de friandise pour la route. Il est franchement tard, et time to quit ; A dans 15 jours à Orthez, amis !