Compte-rendu du concert du 22 janvier 2003.
un compte-rendu de mon ami Olivier Delooz ! ...
Les concerts au Spirit devraient être remboursés par la Sécurité Sociale. A
chaque fois, je me sens revigoré, ce qui me permet de tenir jusqu'au concert
suivant. Et le concert de Quidam n'a pas failli à la tradition.
Quidam, donc, groupe polonais ! Et moi qui croyait que la Pologne ne forunissait
que des papes et des joueurs de foot. Eh ben non. En fait, de Quidam, je ne
connaissais que les premier et dernier albums. Fort différents d'ailleurs.
Alors que leur premier opus suivait la ligne des oeuvres progressives les plus
pures, le petit dernier s'accordait quelques libertés plus pop. Comme
apparemment la réputation sur scène du groupe n'était plus à faire et qu'en
plus le minois d'Emilia est très frais (!), je ne dois pas me forcer pour
reprendre une fois de plus le chemin de la place des Martyrs.

En entrant, rien de changer. Toujours Madame Geron aux tickets et
aux jetons, l'ambiance feutrée du bar et le déjà jovial Francis à la table
de mixage. Encore une autre raison de revenir, c'est de retrouver mes potes de
St-Omer. Echange des bons voeux (de concert au Spirit, bien entendu). Comme il
me reste un peu de temps, je vais jusqu'au stand du groupe pour acheter un CD.
Ce ne sera qu'une fois le concert commencé que je me rendrai compte que je
viens de parler quelques minutes avec Zbyszek Florek, le claviériste du groupe.
c'est ça aussi la magie du Spirit. Dommage qu'il n'avait pas les 2 CD qui me
manquaient.

Je reprends ma place devant la scène. Très sobre, la scène. Deux guitares,
une batterie, une basse,deux claviers, deux micros et deux flûtes. Et pourtant,
cela suffira à nous tranporter de bonheur pendant deux bonnes heures. La salle
s'obscurcit, nous percevons quelques mouvements sur la scène, et les premières
mesures de "list z pustyni I", la plage qui ouvre leur dernier album,
se font entendre. La mélodie arabisante baigne le Spirit d'une douce mélopée
puis arrivent les accords puissants du Kurzweil de Zbyszek et de la flûte de
Jacek Zasada, introduction parfaite pour la complainte d'Emilia, la chanteuse.
Emilia, 1m60 de beauté slave et de puissance vocale.

S'enchainent alors fort logiquement "jestes (w labiryncie mysli)",
"kozolec" et "credo I" avec entre les morceaux quelques brèves
interventions d'Emilia dans un anglais hésitant mais ému. Eh oui, la
convivialité du Spirit et la chaleur de son public commence à avoir son effet.
J'en connais des plus coriaces qui ne s'en sont pas encore remis (hein Nick).
Puis arrive un des morceaux que beaucoup attendaient : "Sanktuarium".
En tout cas, c'est le nom indiqué sur la track list. Parce que du sanctuaire,
il n'en reste que la mélodie. Le reste a été refondu au profit de la basse
"floydienne" de Radek Scholl, qui dicte le tempo. D'aucuns qui les
avaient vus en 1997 à Corbigny (je n'y étais pas) seront sans doute rester sur
leur faim mais la nouvelle orchestration est parfaitement en accord avec le
canevas des compositions plus récentes. Suivent deux morceaux de "Pod
Niebem Czas" ("Nowe Imie" et "Ciagle czekam") puis une
improvisation des cinq musiciens où Maciek Meller se lance dans un solo de sa
six-cordes aussi échevelé que lui (ce nest pas une sinécure de changer de
guitare quand on a des cheveux jusqu'au milieu des fesses).

Encore un morceau du premier album ("Gleboka Rzeka") et Emilia présente
ses collègues, qui se lancent alors dans "Morolowy Sen" du deuxième
opus. Des applaudissements nourris et encore plus de cris accompagnent le groupe
derrière le rideau noir. Fini ? Que nenni ! Le groupe nous refait le coup du
Baja Prog en attaquant LA pièce de résistance du dernier album. Au Mexique, c'était
"Child in Time", chez nous ce sera "No Quarter" (Pour la
prochaine tournée, ils reprendront peut-être "War Pigs" de la bande
à Tony Iommi) L'ambiance est à ce moment à son paroxysme, et Maciek s'en
donne à coeur joie dans les traces du légendaire Jimmy Page. Encore un morceau
du deuxième album("Moje Anioly") et le groupe s'incline une dernière
fois.

La dernière ? C'était sans compter sur les 'Èk Quwès' fusant de derrière la
console et repris en choeur par l'assistance. Emilia et ses musicos reviennent
encore une fois en commençant par jammer sur nos beugleries, ensuite en
terminant par un morceau enjoué (dont j'ai oublié le titre) malgré les
quelques signes de fatigue qui pointaient dans la voix d'Emilia (elle avait
beaucoup donné sur Moje Anioly - et nous avec). D'aucuns auront bien réclamé
Child In Time (ou même Atlantis, hein Fred) mais le groupe en restera
(sagement) là.

Certaines langues diront, peut-être pas à tort, que Quidam s'est engagé dans
une voie où pointe un relative faiblesse des compositions. En témoignerait le
fait que le chanson le plus percutant de la soirée fut No Quarter. Il n'en
demeure malgré tout que j'ai passé une formidable soirée où j'ai été
soufflé par la finesse puissante de la guitare de Maciek et par les envolées
divines des flûtes de Jacek. J'ai oublié quelqu'un ? Ben voui, après tout, je
dois faire partie des 85 % de l'assistance mâle, quelque part attristé
d'apprendre qu'entretemps Emilia s'était mariée...
Il était encore relativement tôt mais il était malgré tout temps de
reprendre la route. Les membres du groupe commençaient à revenir de derrière
les rideaux, soit pour ranger le matériel, soit pour souffler dans l'espace de
la salle qui leur avait été alloué. Un dernier regard me dit qu'ils avaient
vraiment tout donné, surtout Emilia visiblement exténuée mais les yeux
illuminés du bonheur de s'être donnée à fond pour nous. Merci Emilia, merci
à tous et à la prochaine.
