Concert du 23 janvier 2006.

 

Compte-rendu signé Alain Quaniers :

Il est là, à cinquante centimètres de moi.
Allure d'éternel rocker ricain, mais tranquille, serein, sûr de lui.
Kerry Livgren, Môssieur Kansas, un homme qui a connu le succès planétaire et les stades de 50000 personnes.
Cela semble irréel...

Le démarrage est un peu déséquilibré. Lynn Meredith met du temps à poser sa voix et Dan Wright (claviers) n'est pas encore au bon niveau sonore.
Et puis la magie opère, le groupe décolle. C'est punchy, catchy, groovy, c'est rock et progressif et jazz et fusion et funk et californien.
On pense à la vague des jam bands. On pense évidemment aussi très fort à Kansas. Ca, c'est à cause des accords et riffs de guitare de Livgren, reconnaissables immédiatement. La puissance est maîtrisée, canalisée, sans que l'équilibre n'en souffre. Les musiciens (annoncés comme "des touristes qui ne peuvent pas cacher qu'ils n'ont plus tourné ensemble depuis longtemps") éclaboussent les planches de leur classe naturelle.

Bolton aux sax et flûte est le pôle jazzy de l'ensemble et il excelle dans son rôle.
Tout comme la rythmique, torride mais féline.
Wright au claviers est assez souvent un travailleur de l'ombre, celui qui veille à enrober la musique de superbes parties de claviers.
Mais ses soli sont passionnants !
Le neveu de Livgren se multiplie aux percussions, guitare sèche, clavier et un petit sax très expressif, redoutable de musicalité.
D'ailleurs, les chorus conjugués des deux cuivres apportent chaleur et rondeur au son, se substituant avec brio à d'hypothétiques nappes de claviers.
Le chanteur prend assurance et rappelle qu'il a une très belle voix, claire et posée. Ses inflexions très amériacaines collent à merveille aux compositions.

Et puis, il y a Livgren. Impérial à la guitare, tout semblant sortir avec un naturel désarmant de son manche.
Ce qui ne l'empêche pas d'aligner des soli incendiaires ...
Petit à petit, il sort de sa réserve, montre qu'il s'amuse, qu'il apprécie la prestation de ses comparses.

Il ne pourra pas cacher son étonnement lors du retour sur scène pour les "Encores", la ferveur du public du Spirit lui rappelant sans doute une époque dorée. Quand retentissent les accords de "Belexes" (Proto-Kaw ET sur le premier album de Kansas. Tout comme d'ailleurs "Death of mother nature suite" qui clôturait le set), un grand frisson parcourt le public. La magie prend fin sur les planches mais sera éternelle dans nos mémoires.

Quand ils descendent dans la salle, ils sont détendus et semblent beaucoup apprécier la séance de dédicaces / photos.
Livgren, le plus demandé (il signera des vinyles et box sets de Kansas, des affiches ou encore son 'Seeds of change', du Proto-Kaw...), est affable et souriant.
Quand on lui demande d'avoir l'honneur de prendre une photo à ses côtés, il pose spontanément la main sur votre épaule, nous remercie pour notre présence (tout come les autres membres du groupe, d'ailleurs). Il prendra même le temps d'expliquer la différence entre les deux coffrets de Kansas à une personne, rappelant cette dernière car le bon livret venait d'échouer entre ses mains pour une dédicace. C'est manifestement un homme adorable, abordable. Un humain, dans le bon sens du terme.

Personnellement, je sais qu'un rêve vient de se réaliser et que j'en garderai une trace indélébile en moi.

Encore une soirée MERVEILLEUSE !!!

A. Quaniers