Compte-rendu du concert du 21 novembre 2002.

Nous accueillons avec plaisir un nouveau "chroniqueur" !!!
DOMY (ou Dominique Lebon) est un habitué du site
Music in Belgium (de notre ami Jean-Pierre Lhoir),
il nous délivre ici un premier compte-rendu plein d'émotion ...

les photos sont de Bobo (Prog-nose).

Je retourne à nouveau mon 33 tours.
Sur ma Lenco, Trilogy n'en fini pas de me subjuguer: c'est tellement différent de ce qu'écoutent les copains ! Le casque sur les oreilles, étendu nonchalamment sur mon lit, je laisse vagabonder mon imagination sur "Abandon's Bolero". En cette année 73, j'ai tellement l'impression de faire partie "des initiés". Je suis un fan de Rock, des parents relativement compréhensifs et me voici avec des cheveux longs (à la Dave Hill de Slade) mais à part les concerts de ma région, je n'ai pas l'autorisation pour les manifestations plus éloignées, Forest National c'est le boût du monde !

Je n'ai pas la possibilité de voir mes idoles en live, je rêve devant la photo de la pochette arrière de "Slade Alive", comme je voudrais y être ! Depuis bientôt un an, la musique a pris une place importante dans mon existence d'adolescent, je n'imagine pas encore a quel point j'ai trouvé LA passion de ma vie: j'ai 13 ans !

Je vais voir tout ce qui passe par Liège, même si je connais pas (ça ma permis de voir pas mal de chose très chouette comme Supertramp à L'Emulation devant quelques 200 personnes ou encore Steve Harley et son Cockney Rebel). C'est l'époque de Bilzen mais c'est encore bien loin pour un ado de mon âge ! Je resterais (et reste encore aujourd'hui) sur ma faim jusqu'en 1976, année où j'ai le plaisir d'assister à F.N au "Trick Of The Tail Tour" de Genesis, enfin dans une salle qui m'apparait LÉGENDAIRE. 1973 c'est aussi l'année où je découvre le marché du Bootleg (on disait Pirate à l'époque), je suis le très fier possesseur d'un double pirate, acheter à la sortie d'un petit concert au Foyer Culturel de Chénée avec mon argent de poche (plus une aide d'un copain): "Celestial Doggie: The Lobster Quadrille - 1972 American Tour" de Emerson, Lake & Palmer. Depuis ce jour cet album occupe une place à part dans ma collection. Plus tard, je serais émerveillé par le triple album live "Welcome Back My Friends To The Show That Never Ends"

Après Slade et Deep Purple, je suis devenu un fan d'Emerson, Lake & Palmer... mais à 42 ans, je n'ai jamais eu l'occasion de les voir en concert !!



Depuis plusieurs mois, Francis GERON annonçait la venue de Carl Palmer au SPIRIT of 66. Mes souvenirs d'adolescent m'envahissent, là je vais enfin voir un des trois, et de très près ! Après une annulation et un report, le concert est enfin prévu pour le jeudi 21 novembre. Une place vite réservée (on ne sait jamais) et me voici impatient comme un gamin, impatience qui sera largement récompensée au-delà de mes espérences.


En compagnie de mon ami Michel "Foxboy" Wiquet, on est au 66 dès 19h30, le peu de monde présent à ce moment nous permet de découvrir un scène occupée quasi entièrement par une superbe double batterie aux initiales du propriétaire: C.P. Des plaques dorées gravées "Carl Palmer" sur les caisses, une foule de symballes et percussions; il ne manque que le gong et ce serait la grande époque ! La salle se rempli petit à petit mais c'est pas la grosse foule, je suis très étonné ! Le concert commence avec une petite demi-heure de retard. Mon Minidisc démarre aussi et là... C'est la giffle ! Une entrée triomphale sur une musique d'intro (mais c'est la B.O de "Babe" !!)

"Ladies & Gentlemen, Carl Palmer and His Band".

C'est le départ d'un show de plus de 100 minutes. 2 Jeunes musiciens accompagnent Carl, Shaun Baxter à la guitare (visage très Jim Morrison) et Dave Marks à la basse (gros favoris à la Gallagher). Démarage en force avec un cheval de bataille d'E.L.P. Le public est conquis dès le premier morceau, le talent des 2 jeunes laisse présager une bonne soirée, je me surprend à comparer les morceaux de Keith transposés pour guitares: en un mot fabuleux ! Shaun utilise d'une façon extraordinnaire la série impressionante de pédales qu'il a à sa disposition. Par moment, on a l'impression d'entendre des claviers ! Le jeune Dave n'est pas en reste, il nous fera une démo de son talent grandissant lors d'un solo de basse (une 8 cordes !) très applaudi.

Carl, son visage me semble si familier, malgré ses cheveux rasés très courts (moi aussi maintenant et cette fois plus "à la manière de", uniquement coupe "G.I"), j'ai l'impression de le connaître depuis 30 ans !



Je savais que j'allais voir un excellent batteur, j'ai vu un des plus grand ! (et maintenant j'ai du recul pour juger). Une chose que je ne savais pas, c'est que j'allais découvrir une Rock Star, une très grosse pointure, un musicien de légende très sympathique, bourré d'humour et qui a toujours l'air de s'amuser malgré ses 52 ans (et il a la pêche !). Son regard "paternaliste" sur ses jeunes musiciens fait plaisir à voir. Il est là à 1 mètre de moi, celui qui m'a fait rêver pendant près de 30 ans, il parle avec le public comme en aparté, raconte divers anecdotes pour présenter avec humour chaque morceau, et de la sorte à aucun moment le manque de chanteur ne s'est fait sentir !
Son humour très British a enthousiasmé tout le monde et lorsqu'il demande au public ce qu'il a envie d'entendre, en clin d'oeil un fan lui lance "LUCKY MAN"! (pour les non-initiés, quasi le seul morceau d'E.L.P. joué à la guitare acoustique et chanté par Greg Lake, donc impossible à reproduire avec cette formation), rires d'un Carl complice !

Un gros best of du répertoire d'E.L.P nous a permis d'admirer un musicien d'exception, nous a permis de comprendre la difficulté d'exister dans un trio de virtuoses comme Keith et Greg, m'a permis de me dire que lors des méga-concerts d'antant, je n'aurais pas eu la possibilité d'apprécier sa prestation à sa juste valeur (ado mon regard se serait tourné vers Emerson) alors que Carl vaut une reconnaissance totale. Après un "Carmina Burana" délirant et un rappel époustoufflant (Fanfare For The Common Man), le concert se termine dans une ovation générale.

Le public est content. Je n'ose espérer que comme les autres petits groupes au Spirit... MAIS SI, Carl reviens sur le bord de la scène pendant que les Roaddies démontent le matériel. Un Palmer qui se prète très volontier au jeu des signatures, qui échanges quelques phrases avec ses fans médusés devant tant de contact humain, il signe, il serre les mains, il prend la pose avec des admirateurs (la je regrette de ne pas avoir mon Nikon, mais on sait pas tout faire: enregistrer ou photographier, il faut choisir).

Je ne suis pas très autographe mais ici, je vais le trouver: poignée de main, "Carl, Wonderful, Fantastic prestation, Thanks for the show" et lui simplement, après avoir signé mon ticket d'entrée: "Thank you too" !

Simplement comme si j'avais félicité un petit musicien du quartier, aussi ravi que son show puisse encore plaire, il avais l'air heureux. Lui, mais c'est pas un musicien du coin, lui c'est Carl Palmer !, Carl Palmer d'Emerson, Lake & Palmer !!!



Merci pour cette soirée, Carl.
Merci pour toutes ces années de musique.
Merci pour ces 30 ans passés ensemble.
et bonne continuation sur ta nouvelle voie (nouveau CD prévu pour mars 2003).

Seul "HIC": un peu plus de 130 entrées !! pas râvi le père GERON et je le comprend ! Que font les amateurs de musique ? Que faut-il pour déplacer un public, on attend quoi... que le SPIRIT ferme ses portes avec un Francis dégouté ???
Reste qu'il pourrait "booker" la STAR ACADEMY pour mettre du beurre dans les épinards et peut-être déplacer les foules ! A bon entendeur...

DOMY
Dominique LEBON