Compte-rendu du concert du 11 mai 2006.

Mr Tony LEVIN
j'ai réalisé cette photo dans les rues de Verviers, 2 heures avant le concert.
COMPTE -RENDU par Pierre NANSON
Quel merveilleux concert!
D'abord une excellente avant-première au stick Chapman présentée par le légendaire Jerry Marotta. Votre serviteur l'écoute depuis 1983, vous pensez... Le stick Chapman (http://www.stick.com)!! J'avais souvent lu ce nom sur les pochettes des albums de Peter Gabriel, mais sans vraiment savoir ce que c'était pendant de nombreuses années.
Si je l'avais vu de loin lors de la dernière tournée de Peter Gabriel, je n'avais jamais vu cet instrument d'aussi prêt... Une invention diabolique! La première partie lui fut consacrée, jouée par Tom Griesgraber, un jeune musicien marqué du sceau Robert Fripp. Comprenez qu'il a réalisé tous ses effets, boucles, synthés, etc.. directement sur cordes et pédales. Une petite vidéo se trouve ici.
Ce n'est pas le premier musicien de légende qui planera sur la soirée. Un autre ange est également présent, vous le comprenez facilement. Pour son côté House-announcer, Jerry Marotta semble être vraiment l'artiste new-yorkais: cool, professionnel, décontracté et maniant avec aisance un humour de circonstance avec le public. La circonstance est plutôt professionnelle, ou plutôt, la constance est "You can buy our CDs behind you".
Après cette merveilleuse mise en oreille, vient le plat de résistance:
Tony, Larry, Jerry, Jessie, Pete montent sur scène.
Et c'est la première surprise!
Illuminé par une série de flashes du public, le groupe prend sa revanche et flashe le public à son tour. Bras levés et applaudissements amusés.
Déjà l'ambiance! Tony assure le public que ces photos seront dès que possible sur leur site (http://www.tonylevin.com). Les plus excités se reconnaîtront... ;-))
Deuxième surprise: les quatre, excepté sauf Larry Fast, se réunissent autour d'un micro & entonnent une admirable petite polyphonie de présentation a capella.
Petite merveille de de justesse et de précision! On a affaire à de vrai professionnels qui respectent le public, la musique et s'amusent vraiment sur scène.
Et le concert ne fait que commencer...
Après un premier morceau à la contrebasse électrique, Tony "Scissorbass" enfile sa basse , et aussi d'emblée ses deux longs sticks, l'un à l'index et l'autre au majeur. Et c'est parti pour un groove d'enfer! Jerry à sa batterie rappelle avec le son Peter Gabriel années 80...A moins que la psychologie fasse faux bond? Tant pis, les bonds des baguettes ou maillets sur les caisses sont bien reconnaissables : un son bien sonore, presque lourd de cette époque.
Ils ont joué leur compos originales, mais aussi des reprises, ou demi-reprises peut-être?. Car quand Larry Fast, Jerry Marotta et Tony Levin rejouent "On the air", est-ce vraiment une reprise?
Ils ont aussi repris Led Zep (Black Dog), "Back in NYC" de Genesis., King Crimson (elephant talk), ... N'oublions pas l'hallucinante reprise façon King Crimson de "Sabre Dance" (de Khatchatourian, une reprise aussi du fin des sixties par Love Sculpture dans lequel officiait Dave Edmunds : hyper-technique, hyper-puissante (genre Rush), agrémentée d'inserts et de breaks rythmiques à tomber raide. La précision du drumming de Marotta !!!). Grands moments aussi :
"Sleepless" (King Crimson) et la seconde partie, furieuse, de "Phobos" (Synergy).
Leur point faible c'est le chant, hormis les deux choeurs du début et de la fin. Tony Levin n'a pas une voix fabuleusement très puissante. Jerry Marotta s'en sort un peu mieux, mais en jouant derrière ses fûts (pendant "On the Air" et "Back in NYC", par ex.), il manque parfois son micro, ce qui rend le chant un peu inégal. Bon, il fallait quand même un petit défaut ,-)).
Entre temps, Pete Levin, lorsqu'il n'est pas au clavier, photographie à tout va: public, musiciens... Les coulisses aussi peut-être?
Pour le reste, c'est un vrai régal: les musiciens jouent avec une précision fabuleuse tout en s'amusant vraiment.
Larry Fast est l'homme des sons et bruitages: il reprend subtilement la voix de Robert Plant dans Black Dog, joue au clavier avec des voix & choeurs pré-enregistrés, etc.. Le groupe utilise aussi la boîte à rythmes pour un morceau chanté par Jerry debout au micro.
Après les reprises, le groupe flashe encore le public, puis se rassemble autour du micro pour une dernière surprise: une reprise de "Don't Give Up" a capella en guise d'au-revoir.
Un régal de finale en douceur!
Peu après la fin, le groupe redescend au complet derrière la table des CD. Ils vendent et signent eux-mêmes leurs CD, toujours en totale décontraction en discutant aisément à bâtons rompus. L'un deux m'a même dit que Verviers était une très jolie ville!
Pendant de nombreuses années, depuis 1982, ces trois-là étaient de véritables légendes vivantes pour moi. Et voilà que je leur achète un T-shirt, un cd et discute de l'esthétique d'une petite ville wallonne...
La surprise jusqu'au bout vraiment!
Ah! si tous les groupes pouvaient en faire autant!