11 novembre 2003

Ici plus bas, après les photos d'introduction,
un compte-rendu digne ce nom !!!!
signé Olivier Delooz

Les photos sont de Frédéric Loridant, Serge Llorente, et moi-même.
(présents tous les 3 : c'est plutôt rare !!)


incroyable ... mais VRAI !!


au travail !!

  


Tout en longueur, avec des balcons .... un peu comme l' AB.


La machine à sons de Mister Hackett.


ça aussi, c'est notre boulot !!

  
Très impressionnante, la batterie !


C


Steve a de bonnes lectures, il lit .....


..... le dernier Prog-résiste Special Steve Hackett !!


L' "outil" n'attend plus que son maître ...


C'est parti !

Il y a quelques mois, par une douce soirée d'été, il m'avait été donné
d'assister à une des plus beaux concerts de ma vie. Assis au 3ème rang dans
le parterre du Cirque Royal, je n'avais rien perdu des évolutions des
membres du gigantesque Yes. Plus précisément, j'avais eu à 2m50 devant moi
l'un de mes deux guitaristes préférés : Steve Howe. Soirée inoubliable s'il
en est. Aussi quand Francis a annoncé que Steve Hackett venait au Spirit, je
n'ai pu crié qu'au miracle. Dans la même année, j'allais presque toucher
deux héros des années 1970 (on place l'héroïsme où on veut !)

Seul ombre au tableau, pensais-je, le concert n'aura pas lieu au Spirit mais
à Limbourg. J'ai revu mon jugement. Par ses dimensions et son acoustique
excellente, la salle nous a permis de vivre un concert exceptionnel. La
localisation nous donna l'occasion de faire un peu de tourisme sur les
hhhhauteurs de Verviers. Je me serais à ... Forest, à cause de la
disposition des rues et des maisons, et de la descente sur le stade de foot.
Comme la descente sur Forest-National. Mais revenons à nos moutons. Après
avoir salué Gilles et Madame Geron, nous rejoignons, Luc, Vincent et moi,
mes potes de St-Omer qui, à chaque concert d'exception se tapent les 350 Km
qui séparent de Verviers. Et cette fois-ci, il y a un rab' de 10 Km. Ce sont
des fous ! Moi aussi ? Peut-être, mais moins :-)

La salle est plus vaste, mais la scène aussi. Ce qui permet une disposition
très aérée des différents instruments. Les claviers seront à gauche, le
batteur derrière au centre, le bassiste un peu excentré devant la batterie
et le "ventiste" (ça vient de sortir) tout à droite. Une interrogation :
alors que tous les instruments sont déjà présents, pas l'ombre d'une guitare
... Les minutes passent et Francis nous annonce que ce n'est pas parce qu'on
change de place qu'il faut changer ses habitudes. Donc, 3/4 d'heure de
retard (en fait, ils commenceront à h+35) Cela fait du bien de le réentendre
notre Francis après l'intermède forcé de Porcupine Tree, où il avait été
privé de micro.

La salle se fait plus sombre, et dans l'obscurité retrouvée, les musiciens
entrent en scène, Steve en tête. Un regard complice vers ses acolytes, et
une déferlente nous assène les coups de butoir de Mechanical Bride. Quelle
entrée en matière ! Non seulement, vaillants brise-lames, nous résistons
tant bien que mal au poids des sons mais l'éclairage stroboscopique braqué
sur les musiciens nous renvoie une image saccadée que nos yeux digèrent avec
difficulté. Cinq minutes plus tard, le calme revient mais ce n'est que pour
submerger les musiciens d'applaudissements nourris et de cris hystériques.



Et les bonjours d'usage où Steve s'appelle qu'il a appris le français quand
il était jeune, c'est le merveilleux Serpentine Song qui berce nos sens. La
simplicité de cette chanson n'a d'égale que sa beauté et la chorale formée
par Steve, Terry Gregory et Gary O'Toole est magnifique. Puis vient le
premier moment fort de la soirée. Steve nous annonce un vieux morceau de
1972 et le discret mais efficace Roger King envoie la longue intro de
Watcher of the Skies. Aux frémissements dans le public, un petit sourire
pointe aux lèvres de Steve, qui s'est assis sur un tabouret. Les claviers
analogiques ont fait place aux numériques mais la puissance du morceau y a
gagné et malgré que les parties chantées aient été escamotées, nous sommes
conquis. Pour le morceau suivant, Steve fait un bond de 2 ans et nous parle
d'un cour chauve dans son français scolaire. C'est Hairless Heart, une perle
du Lamb, où la guitare plaintive répond aux trilles de l'orgue. Les poils se
dressent !



Nous revenons aux affaires courantes avec Darktown. Steve se nimbe d'un halo
verdâtre pour les inquiétants narratifs. Après une digression un peu plus
technique, quelques notes de piano nous ramènent 20 ans en arrière pour le
classique Camino Royale. Le morceau se termine par un peu de Pollution (rien
à craindre pour l'environnement, sauf sonore) puis la flûte de Rob Townsend
nous ramène dans des eaux plus mélodiques et Gary plante la marche binaire
de The Steppes. 5 minutes de pur bonheur dans les vastes étendues où souffle
le vent de la guitare, souligné par la rythmique. La fin du morceau est
acclamée comme il se doit.



Nouveaux frémissements dans le public quand le roadie vient à Steve une
autre guitare qui nous permet d'apprécier le coté acoustique de son immense
talent. Différents extraits de ses albums récents y passent, sauf la
Gnossienne #1 mais qui oserait lui en tenir rigueur. Steve ré enfile sa
Fernandes et annonce Slogans, qui nous replonge dans l'album Defector.
Chaque couplet est ponctué avec un malin plaisir et l'air de ne pas y
toucher par un Rob Townsend hilare. C'est aussi une caractéristique du show
: tout en étant vachement concentré sur leur jeu, ils nous donnent
l'impression que eux aussi passent un sacré bon moment. Même Steve dont nos
débordements chaleureux semblent parfois mettre à mal la timidité
légendaire. Et pourtant il s'est soigné depuis l'époque où il se cachait à
gauche derrière un manteau, un chapeau, une barbe aussi noirs que les larges
montures de ses lunettes.




Un petit bond en arrière pour le 3ème moment fort, quand il entame le rythme
enjoué de Every Day. Roger a un jeu d'une précision extraordinaire qui
sublime la guitare, pour autant qu'elle en ait besoin. Occasion nous est
enfin donnée de manifester notre présence autrement que par des
applaudissements, et chaque Every Day est amplifié par 1000 gorges
déployées. La suite de ce magnifique morceau n'est qu'une succession de
petites prouesses guitaresques. J'en prends plein la vue. C'est beau à
pleurer ! La suite est du même acabit avec un superbe Please Don't Touch,
qui n'est que la piste de décollage pour Firth of Fifth. Je trouvais déjà
impeccable les versions de Daryl Stuermer mais le guitariste original est
tout simplement magique !



La transition de salle d'attente (cherchez un peu) de Wall of Knives permet
de passer sans casse au morceau suivant : Vampyre with a Healthy Appetite
avec sa rythmique d'enfer. Steve y trouve encore l'occasion de retrouver sa
jolie teinte verte et les autres musiciens y vont chacun de leur petit solo
éthéré. Une nouvelle salve de cris salue chaque antagoniste. C'est un vrai
régal. La suite est du même tonneau, avec l'émouvant Spectral Mornings de
l'album éponyme, et un nouvel extrait de son dernier opus, Brand New (on ne
peut mieux dire).



Malheureusement, tout cela a une fin et le morceau suivant l'annonce
cruellement : Los Endos, avec son rythme échevelé où la guitare court,
court, court et se permet une incursion dans Dancing With The Moonlit
Knight. Le tempo redescend, la flûte danse sur le volcan, et c'est
l'apothéose avec le thème de Squonk où le Taurus emplit l'espace. Tout une
époque ! Les musiciens disparaissent dans les coulisses, . pour mieux
revenir ! Un bruit d'horloge, et Clocks démarre, avec les nappes de clavier
s'entrecoupent avec les soli rythmés de la guitare. Un grand moment de plus
! Mais Steve et son groupe ont un dernier coup à nous asséner avec In That
Quiet Earth, qui nous rappellera avec tant d'insistance l'importance
qu'avait ce grand bonhomme dans la Genèse, et aussi le vide qu'il y a
laissé.



Les applaudissements seront infatigables, les We Want More appuyés mais rien
n'y fera et nous devrons nous contenter d'un seul rappel. Malgré l'effet
Spirit, le professionnalisme reprit le dessus et nous fûmes interrompus dans
nos efforts par la musique d'ambiance. Tant pis ! Francis pouvait être fier
de son coup. Ne manque plus à son palmarès que Tony Banks. On peut rêver
hein, Piero ?


dédicaces.


hum hum ...