13 mars 2005
en
trio acoustique,
au Grand Théâtre de Verviers.
Texte de Pascal LAURENT !
Steve Hackett nous
revient pour la troisième fois en 18 mois en région verviétoise. La première
fois, on avait du mal à y croire, maintenant on est (presque) habitués. Mais
cette fois la donne change complètement. Ce n'est plus le "rock band"
à la fois subtil et tonitruant qui se présente à nous, mais un trio classique
constitué du maître guitariste, de son frère John, flûtiste virtuose et du
fidèle Roger King aux claviers...
Très bien tout cela mais j'ai beau avoir écouté à moult reprises le
superbe « Hungarian Horizons » , enregistré à Budapest par le trio en
question, je me dis qu'un concert acoustique aux accents classiques risque
de paraître un peu lassant pour un public de fanatiques de rock progressifs, de
nostalgiques de Genesis, Yes, Van der Graaf Generator ou autres King Crimson.
que nenni !!!
Dans la petite (mais très belle !) salle du « Grand » Théâtre de Verviers,
Steve Hackett arrive seul et nous interprète d'abord une petite pièce aux
accents chinois, nous expliquant ensuite qu'il ne sait jamais par quel
morceau il va commencer ; il choisit le »first tune » en fonction de
l'humeur et de l'ambiance du moment , de toute évidence, le caractère feutré
et familial de l'atmosphère rend notre ami (plutôt timide
d'habitude).bavard. On ne va pas s'en plaindre ! Il nous joue ensuite «
Blacklight » ouvre classique de sa composition et bel exercice d'échauffement
(pour virtuose s'entend !) mais également très mélodieux, ensuite de nous
expliquer qu'après son épisode en solo, ses potes vont venir le rejoindre pour
une petite session suivie d'une petite pause pendant laquelle on va se demander
« quand va-t-il arrêter tout cela et prendre sa guitare électrique ? » , et
bien « never », « nichts », « nada », ce soir est le soir de la musique
acoustique. tout le monde est fixé.
Les deux compères et après notamment un pétillant « Jacuzzi »
laissant entrevoir l'immense talent de notre flûtiste, Sir Roger King nous fait
part de sa passion pour les bières belges, nous remerciant « from the bottom
of his stomach » (rassurez-vous, en parole uniquement !), introduction de bon
aloi au baroque « Bacchus » au sein duquel le trio a subtilement inséré le
solo de « Firth of Fifth » (mais contrairement au concert du spirit, pas le
solo de guitare , mais de flûte. qui n'a rien à lui envier), une petite gâterie
pour les fans de Genesis et un régal pour tout le monde. On a droit aussi à «
Bay of Kings », plage titulaire du premier album acoustique de l'artiste. Un
long Medley de « Chinese Jam » avec le splendide « Hands of the
Priestess » et nous arrivons à l'entracte.
Après avoir vérifié les éloges de Roger King concernant nos produits. nous
reprenons nos places. Magnifique cadeau aux « Genesisseux », on recommence
avec « After the Ordeal », morceau quasi oublié du grand « Selling England
by the Pound » suivi de « Hairless Heart « tiré de « The Lamb. »,
tous deux sublimés en version acoustique. Ze friandise !!!Roger King nous offre
une pièce classique de sa composition et le trio joue un extrait de « Velvet
Afternoon » très bel album classique de John Hackett (qui vient de sortir un
album rock : « Checking out of London », accompagné par.son frère forcément
!). Des pièces classiques de Steve dont « Second Chance », le sautillant «
Jazz on a summer's night » aux accents sud-américains et le très Satien «
Kim » composé par le guitariste en hommage à son épouse (à qui l'on doit
l'essentiel des couvertures de ses albums).
Et Satie, on y vient, John nous présente dans un français impeccable, teinté
d'humour britannique, la partie suivante, tirée de « Sketches of Satie », à
savoir « Avant-dernières pensées », « Idylle », « Aubade » et « Méditation
» (oufti, j'ai même retenu les titres !). Une partie du public plutôt habituée
aux concerts rock, applaudit à contretemps. Steve s'en amuse (plutôt que de
s'en offusquer, simplicité du bonhomme faisant foi).Un splendide « Ace of
Wands » issu de « Voyage of the Acolyte », premier opus solo du maître
, alors qu'il faisait toujours parie de Genesis, ouvre maîtresse du prog-rock
et première collaboration discographique des deux frères.
Première standing ovation , les gars prennent congé de nous et . les rappels .
Un petit " Walking away from rainbows" qui donne toujours le frisson,
revoilà Satie avec la première Gnossienne (beau à pleurer). Nos compères
s'en vont et Steve nous revient seul pour nous offrir. « Horizons » of course.
C'est le délire. tout le monde est debout. on en, a pris plein l'oreille ,
Steve et ses acolytes nous aurons démontré qu'il est ridicule de
cloisonner la musique, que l'o peut être musiciens de rock et exceller en
classique. Crédieu quel talent !!!
Me permettré-je enfin pour la millième fois (au moins ) de remercier Francis
geron du Spirit of 66 , organisateur (cela va de soi) de l'événement, ainsi
que les responsables de la programmation du Théâtre de Verviers pour leur
ouverture d'esprit. deux maisons où l'imagination culturelle est au pouvoir, et
ça , ça fait du bien !!!
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