Compte-rendu du concert du 22 mars 2002.

GLOBALYS

Quelques excellentes raisons sportives m'avaient empêché d'arriver tôt, et il me fut impossible de saluer les amis de Globalys avant que ne débute leur concert. C'est peut-être mieux ainsi, d'ailleurs, je ne voulais certainement pas en rajouter au stress bien compréhensible d' Olivier. 

Comment ça "quel Olivier" ?  Oh excusez-moi, je ne vous l'ai pas encore présenté !!  je voulais parler d' Olivier Van den Borne, chanteur, second claviériste, et second guitariste de Globalys ... hé oui il en fait des choses; tellement que c'est lui qui occupe l'avant et le milieu de la scène. Mais Globalys est un vrai groupe, et je m'en voudrais de ne pas vous présenter aussi les autres; (et je vais prendre le CD pour ne pas risquer d'écorcher leurs noms). Gag! dans ma discothèque, à 2 ou 3 CD près, les disques de Galahad et Globalys entourent précisément ceux de ..... Genesis !!!
 ;-))

Christophe Allard à la batterie. Un jeu tout en finesse, bien plus proche à mon avis de Bill Bruford ou d' Andy Ward que de Carl Palmer ou Alan White, si vous voyez ce que je veux dire, excellent dans le "toucher" des cymbales; Philippe Ceresa à la guitare, Les Paul noire spéciale gaucher. La discrétion de Steve Hackett, et la finesse d' Andy Latimer; peut même se substituer en Fripp sur commande ! si, si .... Domenico Renga à la basse, utilisée souvent plus mélodiquement que rythmiquement, ce que j'ai toujours trouvé plus difficile, et surtout utile !  et Bertrand Vanvarembergh aux claviers; peut tout faire mais n'en jette jamais trop, la retenue qui sied aux meilleurs, la précision plus que l'esbrouffe. Et pourtant, c'est pas "Firth of fifth" ou "Close to the edge" qui leur font peur, à nos camarades bruxellois, alors niveau technique, pas de souci à se faire.

Bon, j'ai donc à peine le temps de m'apercevoir que tout le staff de Prog-résiste est pratiquement présent, que voilà déjà que ça commence !  Je me glisse à l'avant sur les premiers arpèges de "Eagle & Bacon". Pas facile pour commencer, comme morceau ... plein de variations, beaucoup de sensibilité, mais très complexe et sans vraiment de moments "rentre-dedans" pour se laisser dissiper le trac. J'attrape au passage le clin d'oeil d' Olivier, mais ne peux m'empêcher d'être un peu déçu par la qualité globale du son. Pas qu'il soit mauvais, finalement, mais franchement trop faible. Pourtant ceux qui me connaissent savent que je déteste les groupes qui me vrillent les tympans, mais la limite minimum m'a toujours semblé être que la batterie ne surpasse pas en "son direct" les instruments mixés. Ici, en ce début de concert, c'est un peu juste. Dommage pour cet excellent morceau de près de dix minutes qui me fait irrésistiblement penser au Camel Jazzy des années mi-'70, à l'époque bénie où fonctionnait avec merveille et équilibre le duo Bardens-Latimer.

Décidément, ils jouent la difficulté, ils continuent avec un tout nouveau et long morceau, qui n'a d'ailleurs pas encore de titre, et dont la complexité n'a rien à envier au précédent, pas plus que la finesse de composition. Décidément, ils peaufinent leur ouvrage, Globalys. Et l'envie monte, monte, d'entendre tout ça mixé et produit sur un vrai grand et long CD .... ils peaufinent, mais nous font languir .....

C'est ici que commencent (pour une raison de parking - je plaide coupable) mes ennuis avec la maréchaussée locale, qui me feront visiter un combi de gendarmerie plutôt que d'entendre les deux reprises de Pink Floyd que Globalys nous avait concoctées pour ce soir : Time et Echoes. Je ne dirai qu'un mot : Rogntuuuuudjûûûûûûûûûû !!!!
D' autant plus que les échos qui me sont parvenus furent tous des plus favorables : quelqu'un m'avoua même s'être retrouvé l'espace d'un moment, les yeux fermés, dans la lave eructante des entrailles du Vésuve, dans les ruines de Pompéi presque aussi célèbres pour leurs vestiges que pour avoir accueilli Pink Floyd il y a bien longtemps ...

Surtout que manifestement, maintenant que je suis rentré, je peux vous dire que le son est méconnaissable : plus clair, plus de dash, et aussi plus fort. Le groupe aussi s'est libéré, comme décrispé. Bref tout va mieux, tout va bien. Et je suis ravi d'être revenu pour "This mind is mine", formidable pièce dans laquelle le côté "Canterbury" de Globalys d'affirme encore davantage. Rajoutez un violon, et on ne serait pas si loin de Caravan ... ça groove comme du soul, ça "solo" comme du jazz, et ça "énergise" comme du rock ... miam miam.

Reste le dernier grand moment, celui pour lequel j'aurais bien laissé embarquer ma tire à la fourrière s'il avait fallu, la reprise époustouflante de "Starless", de King Crimson bien sûr. Je ne suis certes pas un inconditionnel du roi cramoisi, mais là, il faut bien avouer qu'on touche au sublîme !!
Comme disait mon voisin : "celui-là, ils le tiennent bien !!"
Un slow à la limite du langoureux qui se transforme, sans qu'on s'en rende bien compte, en vibrations stridentes d'une puissance telle qu'elle nous conduisent presque mécaniquement à l'orgasme ........ la musique mène à tout, que j'vous dis !

Bon, vivement que je vois une fois un concert de Globalys en entier, moi, nomdidjââââp.

                                                    Piero.

 

GALAHAD

(par Jean-Luc Piérard)

Celle-là, je l’attendais. Quand j’ai vu mon ami Piéro s’avancer vers moi en tenant la précieuse setlist en mains, je me suis dit : « C’est pour ma pomme ». Et quand il me l’a tendue en me demandant si je voulais bien faire la revue du concert, je lui ai dit : « C’te question ! ». Normal, je lui ai fait l’historique et la présentation du groupe, maintenant c’est au tour du concert.
Galahad donc ! Un mot me vient de suite à l’esprit : énergie. Oui, car pour être énergiques, on peut dire sans exagérer qu’ils le sont. Non que leur néo-prog soit particulièrement violent sur CD studio, mais sur scène tout est magnifié, c’est un véritable feu d’artifice. Ces gars aiment leur musique et ils nous ont fait partager leur amour du bon néo-prog. Je déplorerais cependant un peu la relative froideur du public (à part bien sûr l’incontournable Fred qui en fait toujours des tonnes et qui pour amuser la galerie [et s’amuser lui-même !] est toujours partant) mais ce n’était nullement de la froideur, c’était bel et bien de la sidération. Oui, on était subjugués par l’énergie et le professionnalisme de ces artistes. Nous étions sur le cul !

Un nouvel album studio est en préparation ; d’après les dires de Stuart Nicholson, il sera prêt en…2002, mais il n’a pas su en dire plus. Le mixage vient d’être bouclé et quelques privilègiés (dont je suis) ont pu acheter les pré-maquettes de cet album qui s’ intitulera Year Zero. Ce concert était donc pas mal axé sur les nouvelles compos et si vous voulez mon avis, je vous le donne : elles sont excellentes. Longues, intenses, progressives dans le sens premier du terme (breaks, développements intrumentaux…) et très mélodiques.

Quelques moments sympathiques ont émaillé cette soirée : tout d’abord l’arrivée tonitruante de Stuart Nicholson, toujours charismatique, la chevelure peinte en orange, qui s’est rué sur son micro alors que ses comparses avaient déjà entamé le premier morceau ; ensuite le gâteau d’anniversaire de Roy Keyworth, le guitariste. En fin de set, les musiciens ont entonné un Happy Birthday devant un Roy médusé, qui cependant, après quelques mots de remerciements, n’aura pas partagé le dessert (du moins avec nous). Zut alors !

Le jeune âge du bassiste (18 ans) aura d’abord amusé un peu l’assistance mais seulement quelques secondes lui auront suffi pour convaincre et conquérir le public. Je me souviens de Jean-Marc littéralement hypnotisé par le jeu de mains de ce jeune prodige. 18 ans et il fait ce qu’il veut avec sa basse. Un futur grand, à n’en point douter ! Il paraitrait que c’était son premier concert ; on a tous eu du mal à le croire.

De Ghost of Durtal (In a moment of complete madness) jusque Myopia (Ghost) en passant par Sleepers (Sleepers), tout le meilleur du répertoire du groupe aura été revisité. Brillamment. C’était jubilatoire et c’était pour nous. En guise de rappel nous avons eu droit à Room 801, une de leurs meilleures réalisations et à un nouveau titre, pour lequel vous devrez patienter encore quelque peu avant de vous l’enfourner dans les écoutilles. Deux heures tip-top ; c’était long et diablement bon !
Après le set, c’est l’habituel rituel avec poignées de mains, signature d’autographes, échanges de propos, tout cela devant un bon verre et dans une ambiance des plus sympathiques. 

Assurément, nous aurons tous passé une super soirée sous le signe du feeling, de la puissance, du professionnalisme et de la convivialité. Pour moi, ils reviennent quand ils veulent !

 Jean-Luc Piérard