Concert du 7 mars 2003.

Photos de Luc BRAGARD

Compte-rendu de Bernard PIETTE

 

Fan de Yes devant l'éternel, je souhaitais voir ce groupe depuis un petit bout de temps, mais bon, on a pas toujours le temps de tout faire et puis, leur dernier concert prévu au Spirit fut annulé en dernière minute.

Cela dit, je prends la route pour Verviers et j'arrive vers 21h30 dans un Spirit quasi-désert. Dju !!! le monde ne semble pas au rendez-vous !!! Et puis, les gens commencent à arriver, on salue quelques pengléens présents (Jean-Marc, Dominique et Paul) et on échange quelques mots sur leurs prestations précédentes.


Sur le coup de 22h30, c'est finalement devant un Spirit correctement rempli que retenti la classique intro symphonique et le groupe entame "Siberian Khatru" avec lequel Yes a de nombreuses fois commencé ses concerts. Ce qui frappe d'emblée, c'est le son des instruments (surtout guitare lead et basse) qui pousse le mimétisme vraiment très loin. On sent également le groupe un peu hésitant dans la mise en place; ceci s'explique en partie par l'arrivée d'un nouveau claviériste, Max Hunt, dont c'est le premier concert avec le groupe. Et puis le chant? c'est euh? étonnant. En effet, physiquement Steve Carney ne ressemble pas du tout à Jon Anderson mais la voix? oui !  On croyait que seul Jon pouvait chanter comme cela et bien non. Sa voix est certes moins assurée mais cela dit, le mimétisme est étonnant.

Après un deuxième morceau, ils entament " And You And I" et premier vrai beau moment de ce concert; le tout est posé avec la douceur qu'il faut et le groupe dépasse la simple copie pour vraiment interpréter le morceau. La partie centrale aux claviers passe merveilleusement bien même si on sent que Max cherche un peu (il joue avec des partitions !!).


Ensuite, moment gag, Robert Illes à la guitare nous donne son interprétation personnelle et non dénuée d'humour de "Clap" où il nous montre qu'il sait manier une six cordes. Détail amusant; il pousse même le mimétisme à avoir les mêmes attitudes que Steve Howe sur scène.  Le groupe revient au complet et nous propose alors un très beau "Wonderous Stories" et puis enchaîne avec ce que Steve dit être un de leurs morceaux préférés et commence alors?.. "Heart of the sunrise" avec ses vrombissements du début. L'interprétation est impeccable avec mention spéciale à Jon Bastable à la basse (et on sait l'importance de la basse dans ce morceau). Steve Carney s'en sort avec les honneurs même si les notes hautes sont vraiment très (trop) hautes pour lui. Fin du morceau et applaudissement nourris et mérités.

Le groupe enchaîne une composition personnelle ("Theme") et puis on commence à entendre les bruits de cascade et les chants d'oiseaux annonçant?. "Close to the edge" évidemment !!! Il s'agit vraiment du morceau idéal pour se rendre compte à quel point la musique de Yes est vraiment une musique de tapés !!!! Comment peut-on faire pour composer une musique aussi belle et complexe à la fois ??  Et puis, faut être à la masse pour se lancer dans un groupe de reprises de cette musique !!! Toujours est-il qu'il nous la font avec culot (et Max toujours avec ses partoches) et doigté. Fin du morceau et tonnerre d'applaudissement pour la fin de cette première partie.


Ils remontent sur scène et reprennent avec un tout aussi classique "Long Distance runaround" et puis ils entament "The Fish" le solo de basse se trouvant sur Fragile auquel ils enchaînent le final de "Gates of delirium" (oui, oui.. la partie AVANT "Soon") et là, claque dans la g?. Cela vrombit dans tous les sens, un vrai feu d'artifice qui se calme pour arriver à "Soon", bien sûr. Un vrai moment de grâce? tout y est : le son, la voix, l'ambiance?. Merveilleux.


Après cela, ils nous présentent Max aux claviers qui se lance dans "The Six Wives of Henry VIII"; rien que cela. Et LA, on comprend à qui on a affaire. Pas une tapette le Max !!! Il nous fait le truc les deux doigts dans l'nez et le reste sur les claviers ; un vrai virtuose visiblement heureux d'être là. Applaudissements nourris pour le nouveau prodige?  Et ils annoncent un bon vieux morceau : "Yours is no disgrace". Et enfin, le classique des classiques "Starship trooper" avec ses salves de solo et qui termine le concert en apothéose. Le groupe salue et on demande le classique premier rappel.

Ils reviennent et Steve annonce un morceau plus nouveau qui va bien se prolonger. Et ils commencent "Cinema" (l'instru de "90125") auquel s'enchaîne direct "Roundabout" (le public adore) ainsi que, beaucoup plus inattendu " Endless", le final du dernier morceau de l'album "Talk". Et le tout s'enchaîne parfaitement. Le groupe, sûr de son coup, salue se disant que la soirée est terminée?

C'est sans compter sur Francis, sans égal pour chauffer une salle? Le public suit et le groupe est bien forcé de remonter sur scène? Un peu confus, ils avouent ne plus rien avoir à jouer vu que Max vient d'arriver mais ils disent : "On va essayer un truc acoustique mais soyez indulgents, y'a un an qu'on ne l'a plus joué". A la grande joie de tous, ils entament " I've seen all good people".


Cette fois, c'est vraiment fini, qu'ils se disent?. Nenni, non point? Visiblement, Francis en veut plus aussi? Bref, le groupe remonte sur scène et Mitch Harwood, la  batteur, nous implore : "Please, go home !!!". Fou rire géneral !!! Bref, de bonne grâce, ils jouent la deuxième partie de " I've seen all good people". Tout le monde applaudit et le groupe tire sa dernière révérence. Il est 1h30 et plus que temps de rentrer à la maison?

En bref, une excellente soirée avec un groupe heureux d'être là. Ah oui, une dernière mention aux choeurs, incroyables de réalisme et de l'oeuvre essentiellement de Mitch, le batteur?


Si ils repassent, ne les manquez surtout pas?