Compte-rendu du concert du 29 décembre 2002.
Excellente
idée, je trouve, de rassembler ainsi quelques groupes du même pays. Ceci
permet (de manière non exhaustive bien sûr) au public de se faire une petite
idée sur la façon dont on appréhende le rock progressif dans leur région, et
donne également l’occasion aux musiciens de mieux se connaître entre eux, de
s’apprécier, et de peut-être créer des synergies.
Autre
avantage non négligeable de la formule : créer une sorte de « petit
événement » qui, certes ne remplira pas chaque fois le Spirit, mais
drainera un nombre de spectateurs de toutes façons plus important que ce
qu’aurait pu être l’audience pour un seul de ces trois groupes. Je me
souviens que Flamborough Head joua un jour ici devant moins de 20 personnes …
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NOVEMBER
Pour
commencer : la surprise du chef !
November.
Des gens qui avaient sorti un album au milieu des années ’90, et disparus
depuis. Que font-ils ici ? simple : il y avait dans November 2
musiciens de l’ex-futur-Plackband. Ne manquait donc plus que de rappeler le
chanteur pour pouvoir fournir maintenant une mini-prestation acoustique de 5
morceaux dont 3 reprises de Genesis : Musical Box, Afterglow, et Carpet
Crawler.
C’était
très très bien. Les orchestrations acoustiques sont vraiment intéressantes,
notamment sur Carpet Crawler joué sans la basse pourtant mélodiquement prépondérante
sur ce morceau. Mais que dire du chanteur, sinon un chapelet de louanges. Pour
moi, de loin le meilleur vocaliste de la soirée ! Faut pas laisser un type
pareil inutilisé, c’est du gaspillage honteux !!!

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NICE BEAVER
Nice
Beaver est la plus récente des trois formations, auteur du seul album « on
dry land » vieux maintenant de plus d’un an. Un rock bien ficelé et
puissant, avec d’intéressant travaux de voix à défaut d’un chanteur
« de métier », quelques intonations new-wave, voilà ce que
l’album nous avait laissé comme souvenirs.
Bonne surprise, incontestablement. Les morceaux du disque sont joués avec une pêche en nette hausse, ça « rentre dedans » allégrement ! Ils ont un son bien à eux, structuré autour de la Gibson noire du guitariste, et des nappes du claviériste. Amusant celui-là, il est presque autant occupé aux boutons de ses synthétiseurs que sur les touches de son clavier ; En tout cas, le plaisir est bien visible, et communicatif ; le gig est, comment dire, enjoué.

Le
plus intéressant peut-être, réside dans la découverte des nouveaux morceaux.
Je les ai trouvés meilleurs encore, à la fois plus progressifs, complexes, et
pêchus. Cela peut partir d’un cadre jazzy à la Camel/Rain-Dances, et
terminer sur du heavy que mon copain Fred est presque capable d’appeler du métal !
Groupe
à suivre incontestablement. Si je pouvais me permettre un conseil, je libérerais
le claviériste de ses difficultés techniques pour le laisser chanter plus
librement, mieux communiquer, et engagerais un « vrai » clavier pour
étendre les perspectives musicales de ce côté-là aussi. Mais bon, c’est
juste mon avis …

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FLAMBOROUGH HEAD
La
prestation de Flamborough Head fut pour certains très décevante, et pour
d’autres la meilleure de la soirée. Comme quoi il n’y vraiment pas de vérité
absolue, et qu’une seule opinion ne peut faire foi ….
Je
trouve quant à moi qu’il leur manque un « son », une âme quoi.
Ils ont beaucoup d’atouts, mais ne parviennent pas à enthousiasmer le public.
Il faut dire qu’ils ne font rien non plus, scéniquement, pour y arriver. Edo
Spanninga est complètement caché derrière ses claviers, le guitariste (d’obédience
Guilmourienne) quitte rarement le manche de ses yeux, et la nouvelle chanteuse
se contente calmement de ses interventions à la voix ou à la flûte. Bref, si
on ne parvient pas à « rentrer » dans la musique, à se laisser
simplement bercer par les compositions certes généralement prévisibles mais
globalement bien structurées et mélodiquement intéressantes, l’ennui risque
fort de s’installer. Et comme rien ne se passe sur scène pour vous rappeler
à l’ordre ….


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PLACKBAND
J’ai
beaucoup parlé avec Ronald et Michel (guitare et clavier de Plackband). Pour
les avoir côtoyés au ProgFarm et souvent lus par e-mail, je peux vous affirmer
sans risques qu’il s’agit de types formidables, remplis de gentillesse et
d’humour, lesquelles ne laissent aucune place à la prise de tête … Jouer,
jouer pour le plaisir, et jouer encore, comme depuis 30 ans, et le plus
longtemps possible. Cette bande de copains, cimentée par une profonde amitié,
s’est retrouvée après 20 ans de séparation musicale, pour enfin enregistrer
leur musique de toujours, celle composée entre 77 et 81, celle qui se trouve
sur l’album « After the battle ».
Musique
typiquement post-génésisienne, ou pré-marillionnienne su vous préférez,
voilà principalement de quoi est composé le répertoire de Plackband ;
avec plein de petites influences pour l’enrichir.
Eux
ils l’ont, le son. On sent immédiatement que tout coule de source, que chaque
instrument est mis en place, qu’ils ne sont pas nés d’hier, non plus. Un
groupe tout à fait capable d'enflammer le Spirit, à condition qu'il soit un
peu plus rempli, faudra y penser !
L’album
est joué sans grosses surprises, pratiquement parfaitement. Dommage simplement
que Kees (le lead-vocaliste) ne m’aie pas semblé dans sa meilleure forme, et
qu’il ne parvienne pas à prendre l’avant de la scène comme le ferait un
chanteur vraiment charismatique. Car la musique de Plackband a aussi un côté
théâtral qui se prêterait bien à pareille mise en valeur.
Ronald
ne m’en voudra pas, mais j’ai surtout été frappé par la prestation de
Michel Van Wassem, l’homme des claviers. L’esprit de Tony Banks était
vraiment là. La même discrétion, mais la même efficacité. Et (presque,
n’exagérons pas trop …) le même plaisir à digérer ses interventions,
toutes de classe et de justesse. C’était beaucoup plus frappant que sur le
disque, je trouve. Bien sûr, Hammond et ARP n’y sont pas pour rien, mais
comme Francis le dit souvent (‘ sait de quoi y parle, le ‘Cis), c’est le
musicien qui fait le son, pas l’instrument. Bravo Michel, et merci !





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